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    Une petite feuille se repose sur  le trottoir. Elle respire doucement, délicatement. Son corps a déjà pris la couleur de l'automne. Le temps lui a fait le squelette le long de ses nervures. Elles s'énervurent. La colère, son squelette. Tout est prêt à éclater, à casser. Tout crisse.
    Ca y est. C'est fini. Elle a enfin éclaté, et s'est donc retrouvée. Un bien-être sans précédent l'envahit. Elle se rappelle sa chute, le mouvement, la liberté, enfin. La peur, l'inconnu, les secousses, mais enfin l'inconnu. En s'éteignant, elle n'est plus que promesse. Elle renaît, terre et fertilité. Comme lorsqu'on reprend se respiration. On sort d'un cocon, mais on est déjà construit, des cloisons qu'on ne peut jamais totalement abattre. Plusieurs vies en fait, reliées par un fil tordu, brûlé, réparé, à nouveau esquinté. Fragilisé.
    Un fil à coudre, recoudre, et qui fait des nœuds, empêchant alors tout le système de continuer sa course. Un fil à course arrêté par des nœuds. Des nœuds de mouchoir blanc où quelqu'un a saigné. Un mouchoir pour se rappeler et tout essuyer.

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