• 007

    Un navire, un vaisseau vers l'infini ou vers l'Idéal, la Hollande selon Baudelaire. Pourquoi ?
    Le navire pour l'Idéale a des amarres trop lourdes qu'on a du mal à détacher.
    La voile brûlée par des marins ivres de s'être fait voler la Lune un soir éteint.
    Sans voile le monstre des mers dérive, ainsi s'évanouit le songe de l'Idéal. Bientôt la coque frappe des rochers déjà sanguinolents.
    Une partie de l'équipage achève sa quête, mais les marins les plus déterminés s'échappent en radeau d'espoir.
    Un marin voit son espoir s'éteindre car quelqu'un quelque part a soufflé en même temps que le vent dans la vague.
    Il le poursuit un moment, cet espoir, puis s'arrête.  Il se retourne, voit tous ses anciens espoirs échoués le long de la grève. Il pleure. Il se replie sur lui-même. Hésite à se jeter dans cette vague qui a emmené son espoir. Mais non. Trop facile.
    Lutter, respirer- contre le courant, contre la pesanteur du corps qui toujours appelle vers les profondeurs. Remonter vers la lumière et enfin, oublier le flot. Oublier que l'attraction te prend, élève toi, léger.

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  • 006

    La larme coule, la goutte sèche, le long du reflet.
    Reflet de tes pleurs, goutte d'eau salée, envolée.
    En séchant, elle purifie notre âme, et embellie le reflet.
    Elle se dessèche,  visage tendu irrité par le mal d'intérieur qui ne peut plus couler.
    La larme devient l'arme. Protéger ce qui a coulé. Le temps de remplir de nouveau les douves.
    La larme, et le sang que tu fais sortir de tes trous, tu t'évapores.
    Je crois alors t'oublier pour mieux réapparaître mais tu me submerges dans un moment d'inconscience. Tu ruisselles sur moi comme dans le passé au point de devenir indissociable. Nous ne sommes plus qu'un.
    Les trous comme des puits d'où l'on voit la mer. La mer a un visage, c'est un mirage, ton image.
    Et c'est toi là qui la remplit
    Cette mer de secrets.
    Parfois par temps d'orage, j'aime sentir les embruns qui s'envolent des vagues de cette mer.

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  • 005

    Elle perd tout ce qu'on lui donne.
    Elle disparaît sous ses cadeaux.
    D'autres les ramassent
    Des mendiants de sentiment.
    Elle ne s'aperçoit de rien
    S'enveloppe d'un air de désinvolture
    Les regarde s'enivrer de ses biens qui perdurent
    Ils en redemandent encore et sans fin.
    Ce soir je couche dehors. Pas de Toi.
    Le toi qui lui vient, qui la transperce, la traverse, c'est une morte dans la vie.
    Pas de Toit depuis Toi.
    Je marche sur le tien.
    Entends-tu le bruit de mes pas ?
    L'air se trouble
    Le feuillage s'agite
    Une forme se dessine
    Un assemblage du toi, du moi
    Les poupées de chiffon
    En qui on aurait mis une structure d'acier
    Inébranlable qu'est ...........
    Quand mensonge est sorti
    Le ............ ne peut trembler.

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  • 004

    Une petite feuille se repose sur  le trottoir. Elle respire doucement, délicatement. Son corps a déjà pris la couleur de l'automne. Le temps lui a fait le squelette le long de ses nervures. Elles s'énervurent. La colère, son squelette. Tout est prêt à éclater, à casser. Tout crisse.
    Ca y est. C'est fini. Elle a enfin éclaté, et s'est donc retrouvée. Un bien-être sans précédent l'envahit. Elle se rappelle sa chute, le mouvement, la liberté, enfin. La peur, l'inconnu, les secousses, mais enfin l'inconnu. En s'éteignant, elle n'est plus que promesse. Elle renaît, terre et fertilité. Comme lorsqu'on reprend se respiration. On sort d'un cocon, mais on est déjà construit, des cloisons qu'on ne peut jamais totalement abattre. Plusieurs vies en fait, reliées par un fil tordu, brûlé, réparé, à nouveau esquinté. Fragilisé.
    Un fil à coudre, recoudre, et qui fait des nœuds, empêchant alors tout le système de continuer sa course. Un fil à course arrêté par des nœuds. Des nœuds de mouchoir blanc où quelqu'un a saigné. Un mouchoir pour se rappeler et tout essuyer.

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  • 003

    Tout commence ici, maintenant tout recommence. Décliner et renaître ; l'enfant. « La vie, la merveilleuse vie recommence encore, force de tout créer et de tout aimer encore » (Albert Camus).
    Elle renaît et grandit, veut changer, mais garde la même âme, jamais elle ne peut l'effacer, oublier, elle ressent comme on donne, vie à l'après, celui qui est tombé à la saison prochaine retombera comme il réapparaîtra. Le temps tourne, accomplit sa révolution. Et toujours répète infiniment ou la même plaisanterie – drame de l'homme du commun.
    Rien de neuf, juste un recyclage infini de chacune des vies sur cette terre, qui est elle-même finie.
    La plante changera ton commun si tu vis avec elle, contrôlera tout, comme le rejet et le dégoût que l'on met de côté et qui en un instant infini reprennent le haut du chapeau.
    Un jour je t'ai pris pour un chapeau parce que ta forme était haute, et moi j'étais tout petit.
    Il revit un instant mais se tasse, se plie comme l'usé.  L'échine courbée, le cafard, et la fourmi deviennent ses amis. Il déambule sombrement, pesant sur lui-même sa misère. Voici un spectre déformé par la vie d'homme qu'il a menée. Se relever pour regarder en face, plus jamais il ne le pourra. Seul se rapprocher de la terre est encore possible.

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